Trouver la bonne structure ne dépend pas seulement d’un annuaire à jour. Pour orienter un patient ou un usager, il faut connaître les activités réellement proposées, les publics accueillis, les modalités de prise en charge, les horaires, les contacts et, dans certains cas, les places disponibles.
Depuis septembre 2026, le Répertoire national de l’Offre et des Ressources en santé et accompagnement médico-social, plus simplement appelé ROR national, entre dans une nouvelle phase. L’Agence du Numérique en Santé (ANS) a annoncé la généralisation de ce référentiel unique à l’ensemble du territoire, avec une convergence de toutes les régions prévue d’ici mars 2027.
Cette évolution concerne directement les établissements sanitaires et médico-sociaux. Elle éclaire aussi une compétence essentielle des métiers administratifs de la santé et du social : produire, vérifier et transmettre une information fiable pour éviter les ruptures de parcours.
Qu’est-ce que le ROR national ?
Le ROR est le référentiel national qui rassemble une description structurée de l’offre sanitaire, médico-sociale et sociale entrant dans son périmètre. Il ne contient pas le dossier médical des patients. Son rôle est de décrire les ressources disponibles afin d’aider les professionnels et les outils numériques à identifier une prise en charge adaptée.
Les informations peuvent notamment porter sur :
- les activités opérationnelles proposées par une structure ;
- les modalités d’accueil et les modes de prise en charge ;
- les publics ou patientèles concernés ;
- les actes et équipements spécifiques ;
- les lieux, horaires et coordonnées utiles ;
- les capacités d’accueil et les disponibilités en lits ou en places.
L’objectif est concret : permettre une orientation plus rapide, faciliter la coordination entre acteurs et donner une vision plus fiable de l’offre disponible sur un territoire.
Ce qui change à partir de septembre 2026
Le ROR n’est pas nouveau. Jusqu’à présent, son organisation reposait largement sur des outils régionaux dont les données étaient consolidées au niveau national. La phase annoncée en septembre 2026 vise à faire converger les régions vers un environnement national commun.
Selon l’ANS, l’Occitanie et la Bourgogne-Franche-Comté ont servi de régions pilotes. Les autres régions doivent basculer progressivement vers le ROR national jusqu’en mars 2027, date prévue pour la fin de service des anciens ROR régionaux.
Cette généralisation doit apporter :
- une interface de saisie commune ;
- des règles de description harmonisées ;
- une authentification renforcée ;
- un accès unique pour les services numériques qui utilisent les données ;
- moins de ressaisies liées à la coexistence d’outils régionaux.
Au moment de l’annonce, l’ANS indiquait que le ROR était déjà alimenté par les données de plus de 91 % des établissements sanitaires et de 87 % des établissements et services médico-sociaux. Plus de 80 services numériques en santé exploitaient ses données, parmi lesquels Santé.fr, le Service d’accès aux soins et ViaTrajectoire.
Le ROR n’est pas un annuaire classique
Un annuaire répond surtout à la question « qui est où ? ». Le ROR cherche à répondre à une question plus opérationnelle : quelle offre peut répondre à ce besoin, selon quelles modalités et avec quelles ressources ?
Cette distinction permet aussi de mieux comprendre le rôle de plusieurs référentiels souvent confondus :
- FINESS identifie les structures et établissements des champs sanitaire et social ;
- le RPPS identifie les professionnels enregistrés dans le répertoire partagé des professionnels intervenant dans le système de santé ;
- le ROR complète ces informations en décrivant l’offre opérationnelle, ses modalités et certaines ressources ;
- ViaTrajectoire est un service d’orientation qui s’appuie notamment sur les données du ROR pour présenter l’offre disponible.
Le ROR est donc avant tout un socle de données. Dans de nombreux cas, les professionnels ne le consultent pas directement : ils utilisent un logiciel métier, une plateforme d’orientation ou un service connecté qui restitue les informations adaptées à leur besoin.
Pourquoi la qualité des données devient un enjeu métier
Une donnée inexacte peut provoquer une série d’erreurs très concrètes. Un numéro obsolète fait perdre du temps. Un horaire non mis à jour retarde une démarche. Une modalité d’accueil mal décrite peut conduire à solliciter une structure qui ne correspond pas au besoin. Une capacité théorique confondue avec une disponibilité réelle peut fausser une orientation.
La généralisation nationale ne résout donc pas tout par elle-même. Un référentiel unique n’est utile que si les informations qu’il diffuse sont complètes, cohérentes et régulièrement actualisées.
Le cadre réglementaire prévoit la description de données essentielles comme les activités, les horaires, les modes de prise en charge, la patientèle, l’adresse et les contacts. L’ANS rappelle également que les acteurs concernés doivent mettre à jour la description de leur offre au moins une fois par an. Les données les plus dynamiques, notamment les disponibilités en lits et places, demandent une actualisation adaptée à leur usage et peuvent être alimentées automatiquement par certains logiciels.
Quel rôle pour le secrétariat médico-administratif ?
Le secrétaire assistant médico-administratif n’est pas automatiquement responsable du ROR dans toutes les structures. L’organisation, les habilitations et les circuits de validation varient selon l’établissement. Le décret relatif au ROR prévoit toutefois l’accès de certains agents administratifs selon leur profil et leur besoin d’en connaître.
Même lorsqu’il ne saisit pas directement les données dans le référentiel, le secrétariat occupe une position privilégiée pour repérer les écarts entre l’information publiée et la réalité du terrain. Il reçoit les appels, renseigne les patients, organise les rendez-vous et échange avec les services partenaires. Il peut ainsi constater qu’un contact n’est plus valable, qu’une permanence a changé ou qu’une condition d’accueil est mal comprise.
Les bons réflexes professionnels consistent alors à :
- identifier la source officielle de l’information ;
- ne pas modifier une donnée hors de son périmètre d’habilitation ;
- signaler rapidement une anomalie au référent désigné ;
- tracer la demande de correction selon la procédure interne ;
- vérifier la prise en compte d’une modification importante ;
- éviter de diffuser localement une version différente de celle validée par la structure.
Cette vigilance prolonge les compétences d’identitovigilance et de gestion documentaire déjà mobilisées au quotidien. Elle porte ici non sur l’identité du patient, mais sur la fiabilité de l’offre vers laquelle il peut être orienté.
Un outil important pour les professionnels formés en BTS SP3S
Le ROR concerne également les fonctions visées par le BTS Services et prestations des secteurs sanitaire et social. Dans un organisme de protection sociale, une structure médico-sociale, un service de coordination ou un établissement de santé, les professionnels doivent comprendre l’environnement institutionnel et aider l’usager à accéder à une réponse adaptée.
Savoir exploiter une information structurée, comparer des modalités de prise en charge, identifier un interlocuteur compétent et respecter un circuit de validation fait partie des compétences utiles à la coordination des parcours. Le ROR illustre donc la rencontre entre trois dimensions du métier :
- la connaissance des acteurs sanitaires, sociaux et médico-sociaux ;
- la maîtrise des outils numériques de coordination ;
- la qualité de l’information donnée à l’usager et aux partenaires.
La formation BTS SP3S proposée par ESSAP permet de développer cette lecture transversale des services et des parcours. Pour les métiers davantage centrés sur l’accueil et le dossier patient, la formation TP Secrétaire assistant médico-administratif prépare aux exigences de rigueur, de confidentialité et de coordination propres au secteur.
Une méthode simple pour fiabiliser une information d’orientation
Face à une demande d’un patient, d’une famille ou d’un partenaire, une méthode en six étapes permet de réduire les erreurs :
- Qualifier le besoin : comprendre la demande sans poser de diagnostic ni sortir de son rôle.
- Consulter la source prévue : logiciel métier, plateforme d’orientation ou référentiel autorisé par la structure.
- Vérifier les critères décisifs : public accueilli, activité, lieu, horaires, modalités d’accès et contact.
- Distinguer capacité et disponibilité : une structure peut être autorisée pour un certain nombre de places sans disposer d’une place immédiatement accessible.
- Confirmer les informations sensibles : lorsque la procédure le prévoit, contacter la structure ou le service compétent avant d’annoncer une possibilité.
- Signaler les incohérences : une erreur repérée doit alimenter le circuit de mise à jour, pas rester dans une note personnelle.
Cette méthode est particulièrement utile lorsque la situation implique plusieurs acteurs, par exemple une sortie d’hospitalisation, une orientation vers un établissement médico-social ou la recherche d’une prise en charge spécialisée.
ROR, INS et Mon espace santé : des fonctions complémentaires
Le ROR s’inscrit dans un écosystème numérique plus large, mais il ne faut pas mélanger les finalités :
- l’Identité nationale de santé contribue à rattacher les données au bon patient ;
- Mon espace santé et le DMP permettent notamment de stocker et partager des documents de santé dans un cadre défini ;
- le ROR décrit l’offre et les ressources disponibles pour faciliter l’orientation et la coordination.
Ces outils répondent à des besoins différents, mais reposent sur une même exigence : une information de qualité, saisie dans le bon système, par une personne habilitée et selon une procédure connue.
À retenir
La généralisation du ROR national entre septembre 2026 et mars 2027 marque une étape importante dans l’harmonisation de la description de l’offre sanitaire et médico-sociale. Pour les établissements, le défi ne se limite pas à changer d’interface : il faut organiser la responsabilité des données, leur validation et leur mise à jour.
Pour les futurs secrétaires médico-administratifs et les étudiants en BTS SP3S, le ROR montre que l’orientation d’un usager repose aussi sur un travail administratif précis. Repérer une information incohérente, utiliser la bonne source et alerter le bon interlocuteur sont des gestes simples, mais essentiels à la continuité du parcours.
Sources utiles
- Agence du Numérique en Santé – Le ROR national se généralise à l’ensemble du territoire, 16 septembre 2026
- Agence du Numérique en Santé – Le ROR national en établissement
- Agence du Numérique en Santé – Doctrine du numérique en santé : ROR
- Légifrance – Arrêté du 26 décembre 2023 relatif au ROR
- Légifrance – Décret n° 2023-1057 du 17 novembre 2023