Depuis le 1er octobre 2026, les masseurs-kinésithérapeutes peuvent réaliser « Mon bilan prévention ». Cette extension du dispositif crée un nouveau motif de rendez-vous dans les cabinets de kinésithérapie, avec des règles précises sur les patients concernés, la durée, les documents à préparer et la facturation.
Lorsque l’organisation du cabinet comprend un secrétariat ou un personnel médico-administratif, l’accueil joue un rôle important pour rendre le parcours lisible. Il ne s’agit pas de conduire le bilan ni d’évaluer les risques de santé, mais de donner une information fiable, de préparer le dossier et d’orienter la demande sans recueillir plus de données médicales que nécessaire.
Qu’est-ce que Mon bilan prévention ?
Mon bilan prévention est un rendez-vous consacré à la prévention en santé. Il permet au patient et au professionnel d’échanger sur les habitudes de vie, les dépistages, les vaccinations, le bien-être mental et social ou encore certains facteurs de risque de maladies chroniques. Le bilan n’est pas une consultation destinée à établir un diagnostic complet.
Le dispositif existait déjà auprès des médecins, infirmiers, pharmaciens et sages-femmes. Depuis le 1er octobre 2026, il peut aussi être proposé par un masseur-kinésithérapeute. Cette ouverture est particulièrement cohérente avec les sujets d’activité physique, de sédentarité, de mobilité et de maintien de l’autonomie, sans limiter pour autant le bilan à ces seules thématiques.
Quels patients peuvent prendre rendez-vous ?
Le bilan s’adresse aux assurés appartenant à l’une des quatre tranches d’âge définies par le dispositif :
- 18 à 25 ans ;
- 45 à 50 ans ;
- 60 à 65 ans ;
- 70 à 75 ans.
Le point de vigilance administratif est essentiel : le bilan ne peut être facturé qu’une fois par personne et par tranche d’âge, quel que soit le professionnel qui l’a réalisé. Un patient peut donc être dans la bonne tranche d’âge tout en ayant déjà bénéficié du bilan auprès d’un médecin, d’un infirmier, d’un pharmacien ou d’une sage-femme.
Le secrétariat peut informer le patient de cette règle et l’inviter à vérifier sa situation. En cas d’incertitude sur l’éligibilité ou la facturation, la décision doit être remontée au professionnel ou traitée selon la procédure définie par le cabinet.
Faut-il une ordonnance ou être déjà suivi par le kinésithérapeute ?
La présentation du dispositif par l’Assurance Maladie indique que les assurés concernés peuvent réaliser leur bilan auprès de leurs professionnels de santé habituels ou d’un professionnel inscrit dans l’annuaire dédié de santé.fr. Le bilan constitue un rendez-vous de prévention distinct d’une séance de rééducation.
Le professionnel n’est pas obligé de s’enregistrer dans l’annuaire pour réaliser les bilans. L’inscription lui permet cependant d’être identifié par les patients qui recherchent un effecteur. Pour l’accueil, cela suppose de bien distinguer les créneaux de bilan prévention des rendez-vous de soins habituels et d’utiliser un libellé clair dans l’agenda.
Comment préparer le rendez-vous sans alourdir l’accueil ?
L’Assurance Maladie prévoit une durée de 30 à 45 minutes. Lors de la prise de rendez-vous, une information courte et standardisée suffit généralement. Le patient peut être invité à :
- remplir l’autoquestionnaire correspondant à sa tranche d’âge dans Mon espace santé ou sur le document téléchargeable ;
- apporter, si possible, ses informations de vaccination ;
- rassembler ses derniers résultats d’analyses et de dépistage utiles ;
- préparer les sujets de prévention qu’il souhaite aborder ;
- indiquer s’il a déjà réalisé ce bilan dans la même tranche d’âge.
L’autoquestionnaire facilite la préparation, mais il n’est pas obligatoire. Son absence ne doit donc pas être présentée comme un motif automatique d’annulation. De même, l’accueil n’a pas à demander au patient d’exposer au téléphone ses habitudes, ses antécédents ou les difficultés qu’il souhaite évoquer avec le kinésithérapeute.
Que se passe-t-il pendant Mon bilan prévention ?
Le rendez-vous se déroule en trois grandes étapes :
- Repérer les risques individuels à partir de l’échange, de l’autoquestionnaire éventuel et de la fiche d’aide au repérage.
- Choisir avec le patient un ou deux sujets prioritaires sur lesquels agir.
- Rédiger un plan personnalisé de prévention avec des objectifs, des actions concrètes et les ressources ou professionnels vers lesquels le patient peut être orienté.
Cette conduite relève du professionnel de santé. Le secrétaire assistant médico-administratif peut préparer le cadre documentaire et assurer la continuité administrative, mais il ne sélectionne pas les priorités de santé, n’interprète pas les réponses et ne formule pas de conseil médical.
Comment le bilan est-il facturé ?
Pour les patients éligibles, Mon bilan prévention est pris en charge à 100 % par l’Assurance Maladie, sans avance de frais. Pour un masseur-kinésithérapeute, le tarif annoncé est de 30 euros dans l’Hexagone et de 31,50 euros dans les départements et régions d’outre-mer, sans dépassement possible.
La facturation s’effectue avec le code acte RDI. Aucun autre acte ni aucune majoration ne peuvent être facturés en supplément du bilan. Lorsque celui-ci est réalisé à domicile, des frais de déplacement peuvent toutefois être appliqués dans les conditions prévues par la convention. Le logiciel du cabinet doit être à jour pour intégrer le code utilisé.
Ces règles justifient une fiche interne simple : code acte, tarif applicable, absence de dépassement, unicité par tranche d’âge et conduite à tenir en cas de rejet. Elle réduit les erreurs sans demander au personnel d’accueil de mémoriser toute la réglementation.
Quels documents transmettre après le bilan ?
À l’issue du rendez-vous, le professionnel rédige un plan personnalisé de prévention. La fiche d’aide au repérage des risques et ce plan doivent être transmis au médecin traitant, sauf opposition du patient, afin de permettre le suivi.
L’Assurance Maladie mentionne plusieurs canaux : messagerie sécurisée, Dossier médical partagé ou remise au patient. Le cabinet doit appliquer une procédure validée, adaptée à ses outils et respectueuse de la confidentialité. Un envoi par une messagerie personnelle ou un stockage dans un espace non autorisé n’est pas approprié.
Cette étape rejoint les compétences présentées dans nos articles sur Mon espace santé et le DMP et sur les réflexes de cybersécurité en santé.
La checklist du secrétariat médico-administratif
Avant d’ouvrir des créneaux, le cabinet peut formaliser les points suivants :
- identifier les professionnels qui proposent le bilan et les plages de 30 à 45 minutes disponibles ;
- utiliser un motif de rendez-vous distinct dans l’agenda ;
- connaître les quatre tranches d’âge éligibles ;
- rappeler la règle d’un bilan par tranche d’âge, tous professionnels confondus ;
- envoyer une consigne de préparation courte, en précisant que l’autoquestionnaire reste facultatif ;
- vérifier que le logiciel accepte le code RDI et appliquer les règles de facturation définies ;
- prévoir le classement et la transmission sécurisée des documents ;
- savoir à qui transmettre les situations incertaines ou les rejets de facturation.
Il faut aussi conserver une frontière nette entre accueil et entretien de prévention. Le personnel administratif vérifie les éléments nécessaires au rendez-vous, sans poser de questions cliniques à la place du professionnel. Lorsqu’une identité doit être confirmée, les bonnes pratiques de qualification restent applicables ; notre guide sur l’Identité nationale de santé rappelle les principaux réflexes.
Pourquoi ce changement concerne-t-il les futurs SAMA ?
L’arrivée d’un nouveau parcours de prévention dans les cabinets illustre l’évolution du métier de secrétaire assistant médico-administratif. Accueillir ne consiste pas seulement à attribuer un créneau : il faut comprendre le cadre du rendez-vous, expliquer les consignes avec des mots accessibles, fiabiliser le dossier, appliquer les règles de confidentialité et coordonner la circulation de l’information.
Ces tâches mobilisent des compétences directement travaillées dans le TP Secrétaire assistant médico-administratif d’ESSAP : accueil du patient, gestion des agendas, constitution et suivi du dossier, transmission des informations et usage professionnel des outils numériques en santé.
Ce qu’il faut retenir
Depuis le 1er octobre 2026, les masseurs-kinésithérapeutes peuvent réaliser Mon bilan prévention pour les patients âgés de 18 à 25 ans, 45 à 50 ans, 60 à 65 ans ou 70 à 75 ans. Le rendez-vous dure environ 30 à 45 minutes, il est pris en charge à 100 % et ne peut être facturé qu’une fois par tranche d’âge.
Pour le secrétariat, la priorité est opérationnelle : identifier correctement le motif, transmettre les consignes utiles, sécuriser les documents et appliquer une procédure de facturation claire. La conduite du bilan et les décisions de santé restent, elles, de la responsabilité du professionnel.