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Dans un secrétariat médical, accéder à un logiciel métier, transmettre un document ou intervenir dans un dossier patient n’est jamais un geste numérique anodin. Chaque accès doit pouvoir être attribué à la bonne personne, avec un niveau de sécurité adapté à la sensibilité des données traitées.

La doctrine du numérique en santé 2026 introduit à ce titre une évolution importante : Pro Santé Identité, un service destiné à structurer l’identité numérique des professionnels du secteur et à permettre l’enregistrement du personnel administratif. Pour les futurs secrétaires assistants médico-administratifs, l’enjeu n’est pas de devenir experts en cybersécurité, mais de comprendre pourquoi les accès deviennent plus individualisés, plus traçables et plus encadrés.

Pro Santé Identité : de quoi parle-t-on ?

Pro Santé Identité s’inscrit dans l’écosystème de Pro Santé Connect, le dispositif national d’authentification des acteurs des secteurs sanitaire, médico-social et social. Selon l’Agence du Numérique en Santé (ANS), le nouveau service a vocation à devenir un point d’entrée permettant aux professionnels de gérer leur identité numérique sectorielle et les moyens d’identification électronique qui leur sont associés.

Concrètement, l’objectif est de mieux vérifier l’identité de la personne qui se connecte, de relier cette identité à sa situation professionnelle lorsque cela est nécessaire et de renforcer la traçabilité des accès aux services numériques en santé. Le dispositif prévoit aussi l’enregistrement de personnels administratifs, qui n’exercent pas une profession de santé réglementée mais peuvent avoir besoin d’accéder à certains outils dans le cadre de leurs missions.

Cette évolution est particulièrement pertinente pour les secrétaires médico-administratifs. Ils manipulent quotidiennement des informations d’identité, des agendas, des documents médicaux et des données administratives sensibles, tout en travaillant sous la responsabilité de leur structure et dans la limite des droits qui leur sont accordés.

Pourquoi l’actualité 2026 est importante

La doctrine du numérique en santé 2026, publiée par les acteurs publics du numérique en santé, fait de l’identité électronique professionnelle un axe structurant. Elle prévoit notamment l’ouverture de Pro Santé Connect à de nouveaux moyens d’identification et la création de Pro Santé Identité pour enregistrer le personnel administratif.

Le calendrier présenté par l’ANS indique une ouverture progressive : une interface technique au deuxième trimestre 2026 pour des établissements de santé contractants, puis un portail destiné aux utilisateurs du secteur au second semestre 2026. Ce calendrier décrit une trajectoire de déploiement ; les modalités concrètes peuvent donc varier selon les établissements, les logiciels et l’avancement des services.

En juillet 2026, l’ANS a de nouveau placé Pro Santé Connect et Pro Santé Identité parmi les principaux chantiers visant à sécuriser les échanges et l’authentification. Le sujet n’est donc pas une simple évolution technique en arrière-plan : il accompagne une transformation durable des pratiques de connexion dans les structures de santé.

Personnel administratif et professionnel de santé : ne pas confondre les rôles

Un secrétaire assistant médico-administratif n’est pas un professionnel de santé et ne dispose pas, du seul fait de son poste, des mêmes habilitations qu’un médecin, un infirmier ou un autre soignant. L’existence d’une identité numérique professionnelle ne donne pas un accès général aux données de santé.

Les droits restent liés aux fonctions exercées, à l’organisation de la structure, aux outils utilisés et aux habilitations attribuées. Un professionnel administratif doit uniquement accéder aux informations nécessaires à sa mission. Cette distinction est essentielle : identifier une personne ne revient pas à l’autoriser à tout consulter.

Pour un futur SAMA, cela implique de savoir travailler dans un cadre précis :

  • utiliser son propre moyen d’authentification lorsqu’il est fourni ;
  • respecter les habilitations associées à son poste ;
  • ne pas consulter un dossier sans nécessité professionnelle ;
  • signaler une erreur de droits ou une situation inhabituelle ;
  • appliquer les procédures internes de la structure.

Ce que la traçabilité change au quotidien

La traçabilité permet de savoir quel compte a réalisé une action, à quel moment et dans quel contexte. Elle protège les patients, mais aussi les professionnels et les établissements : lorsqu’un accès est nominatif, il devient plus simple d’analyser une anomalie, de corriger une habilitation ou de comprendre le parcours d’un document.

Cette logique rend certaines habitudes inacceptables, même lorsqu’elles semblent faire gagner du temps. Partager un compte entre collègues, laisser une session ouverte sur un poste d’accueil ou utiliser les identifiants d’une autre personne empêche d’attribuer correctement les actions. Ces pratiques affaiblissent la sécurité et peuvent exposer inutilement les données traitées.

La bonne pratique consiste à verrouiller son poste en cas d’absence, à protéger ses moyens d’identification, à fermer les applications lorsqu’elles ne sont plus utilisées et à demander la modification de ses habilitations lorsque ses missions changent.

Les cinq réflexes à développer pendant une formation SAMA

1. Comprendre la différence entre identité, authentification et habilitation

L’identité répond à la question « qui êtes-vous ? ». L’authentification permet de le vérifier lors de la connexion. L’habilitation détermine ensuite ce que vous pouvez faire dans l’outil. Distinguer ces trois notions aide à comprendre pourquoi une connexion réussie ne suffit pas à justifier l’accès à toutes les informations.

2. Protéger ses moyens de connexion

Un mot de passe, une carte, une application d’authentification ou une clé de sécurité est personnel. Il ne doit pas être prêté, communiqué ou laissé sans surveillance. En cas de perte, de suspicion d’utilisation ou de changement de poste, le professionnel doit suivre la procédure prévue par son établissement.

3. Vérifier avant de transmettre

L’identité du professionnel n’est qu’une partie de la chaîne de confiance. Avant d’envoyer une information, il faut également vérifier le destinataire, le canal utilisé, le document joint et l’identité du patient concerné. La rigueur administrative et l’identitovigilance restent indissociables de la sécurité des accès.

4. Savoir réagir à une demande inhabituelle

Un collègue qui demande un identifiant, un message invitant à se reconnecter en urgence ou une demande d’information sans justification claire doivent susciter de la vigilance. Le bon réflexe n’est pas d’improviser, mais de suspendre l’action et de solliciter le responsable, le référent informatique ou le canal d’assistance prévu.

5. Respecter le périmètre de sa mission

La curiosité n’est jamais un motif valable pour ouvrir un dossier. Un secrétaire médico-administratif consulte et traite uniquement les données utiles à la tâche qui lui est confiée. Cette discipline relève à la fois de la confidentialité, de l’éthique professionnelle et de la qualité du travail.

Un sujet directement lié aux compétences du titre SAMA

La fiche officielle du titre professionnel SAMA rappelle que le secrétaire assistant médico-administratif assure l’accueil, la prise en charge administrative et financière du patient, la transmission d’informations et le suivi médico-administratif du dossier. Elle insiste également sur le secret professionnel, la confidentialité, l’identitovigilance, l’usage quotidien des outils numériques et la veille sur les évolutions technologiques.

Pro Santé Identité donne une traduction très concrète à ces compétences. La maîtrise attendue ne consiste pas seulement à utiliser un logiciel : elle suppose d’adopter une posture fiable face aux accès, aux droits et aux données. C’est ce qui permet d’être opérationnel sans perdre de vue la responsabilité attachée à chaque action numérique.

La formation TP Secrétaire assistant médico-administratif d’ESSAP prépare précisément à travailler dans cet environnement, en reliant l’accueil, l’organisation, le suivi du dossier patient, la transmission de l’information et les exigences de confidentialité.

Pro Santé Identité, DMP et Mon espace santé : des sujets complémentaires

Il est utile de ne pas confondre les différents services. Mon espace santé et le Dossier médical partagé concernent principalement les informations et documents de santé de l’usager. Pro Santé Identité concerne l’identité numérique des personnes qui interviennent professionnellement dans l’écosystème de santé et les moyens permettant de sécuriser leur authentification.

Ces deux dimensions se rejoignent sur le terrain : pour qu’un document de santé soit consulté ou transmis dans de bonnes conditions, il faut à la fois identifier correctement le patient et sécuriser l’identité du professionnel qui agit. Pour approfondir le premier volet, consultez notre article sur Mon espace santé, le DMP et les compétences numériques des secrétaires médico-administratifs.

À retenir

Pro Santé Identité illustre une évolution de fond : dans les structures sanitaires et médico-sociales, l’accès aux services numériques repose de plus en plus sur une identité professionnelle vérifiée, des droits individualisés et des actions traçables.

Pour les futurs secrétaires assistants médico-administratifs, cette transformation renforce l’importance de compétences déjà centrales : discrétion, rigueur, identitovigilance, respect des procédures et maîtrise des outils numériques. Comprendre ces principes dès la formation permet d’aborder les logiciels métiers avec les bons réflexes, quels que soient les dispositifs effectivement déployés par le futur employeur.

Sources utiles