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Depuis le 12 août 2026, le règlement européen (UE) 2025/40 relatif aux emballages et aux déchets d’emballages est devenu applicable dans l’Union européenne. Pour une pâtisserie, cette évolution ne concerne pas seulement les fabricants de boîtes, de films ou de sachets. Elle doit aussi conduire les professionnels qui achètent, stockent et utilisent des emballages alimentaires à mieux vérifier leurs fournisseurs, leurs références et leurs justificatifs.

Boîtes à gâteaux, caissettes, papiers ingraissables, sachets, pots, films ou contenants de vente à emporter : tous n’entraînent pas les mêmes obligations au même moment. La mesure la plus immédiate concerne notamment la limitation des substances per- et polyfluoroalkylées, appelées PFAS, dans les emballages destinés à entrer en contact avec des denrées alimentaires.

Voici ce que les professionnels, les alternants et les futurs titulaires d’un CAP Pâtissier doivent comprendre, dans l’état des textes au 18 août 2026.

Pourquoi les emballages sont-ils un vrai sujet métier en pâtisserie ?

L’emballage intervient à la fin de la production, mais il participe pleinement à la sécurité et à la qualité du produit. Il doit être adapté à la denrée, à sa teneur en matières grasses ou en humidité, à sa température, à la durée de contact et aux conditions de transport.

En pratique, une pâtisserie peut utiliser des dizaines de références : boîtes pour entremets, supports cartonnés, sachets pour viennoiseries, papiers de cuisson ou de présentation, films de protection, pots pour desserts, couvercles et emballages de livraison. Un changement de fournisseur ou de matériau ne doit donc pas être traité comme un simple choix esthétique ou tarifaire.

Le nouveau cadre européen renforce une logique déjà essentielle : un emballage alimentaire doit être sûr, traçable et documenté. Pour le professionnel, cela suppose de savoir identifier les références utilisées et de pouvoir retrouver leur origine en cas de question, de contrôle ou d’alerte.

Ce qui s’applique depuis le 12 août 2026

Le règlement (UE) 2025/40 est entré en vigueur le 11 février 2025 et s’applique de manière générale depuis le 12 août 2026. Plusieurs obligations techniques seront toutefois précisées ou entreront en application progressivement. Il serait donc inexact d’affirmer que toutes les interdictions et tous les objectifs de réemploi prévus par le texte sont déjà exigibles.

Depuis cette date, les emballages mis sur le marché doivent notamment être conçus de manière à réduire au minimum la présence de substances préoccupantes. Le règlement maintient également une limite globale pour le plomb, le cadmium, le mercure et le chrome hexavalent présents dans les emballages ou leurs éléments.

Pour les métiers de bouche, la nouveauté la plus concrète concerne les emballages destinés au contact alimentaire : ils ne peuvent plus être mis sur le marché s’ils contiennent des PFAS à des concentrations égales ou supérieures aux seuils fixés par le règlement.

PFAS dans les emballages alimentaires : que faut-il comprendre ?

Les PFAS forment une vaste famille de substances chimiques. Certaines ont été utilisées pour apporter des propriétés de résistance à la graisse, à l’eau ou à la chaleur. Ces fonctions peuvent intéresser les emballages en papier ou en carton destinés à des aliments gras, mais la présence de PFAS dans les matériaux au contact des denrées soulève des préoccupations sanitaires et environnementales.

L’article 5 du règlement européen prévoit trois seuils analytiques, selon la méthode de mesure :

  • 25 parties par milliard pour chaque PFAS mesuré par analyse ciblée, hors PFAS polymériques dans la quantification ;
  • 250 parties par milliard pour la somme des PFAS mesurés par analyse ciblée, avec traitement des précurseurs lorsque cela s’applique ;
  • 50 parties par million pour l’ensemble des PFAS, y compris polymériques, avec une règle documentaire particulière lorsque le fluor total dépasse 50 mg/kg.

Un pâtissier n’a pas à effectuer lui-même une analyse chimique de chaque boîte ou papier. En revanche, il doit éviter les achats sans origine claire et demander à son fournisseur une confirmation de conformité adaptée à l’usage alimentaire et au règlement (UE) 2025/40. Les fabricants, importateurs et autres opérateurs placés en amont doivent établir la documentation technique et, selon leur rôle, la déclaration UE de conformité requise.

Faut-il jeter les emballages achetés avant le 12 août 2026 ?

Non, pas automatiquement. La Commission européenne précise qu’un emballage alimentaire contenant des PFAS et déjà mis sur le marché avant le 12 août 2026 peut y rester et n’a pas à être retiré pour ce seul motif. En revanche, les emballages mis sur le marché après cette date doivent respecter les seuils applicables, sans dérogation générale liée à l’utilisation de matière recyclée.

La notion de « mise sur le marché » est juridique et ne correspond pas toujours à la date à laquelle le pâtissier remplit ou utilise l’emballage. La Commission distingue notamment les emballages de vente remplis, les emballages de transport et certains emballages de service livrés vides.

Face à un stock ancien, le bon réflexe n’est donc ni de tout conserver sans vérification ni de tout détruire. Il consiste à :

  • identifier le fournisseur, la référence et, si possible, le lot ;
  • demander par écrit si la référence peut continuer à être utilisée et sur quel justificatif ;
  • conserver la réponse et les documents associés ;
  • remplacer la référence si sa conformité ou sa traçabilité ne peut pas être établie.

En cas de doute important, notamment pour un emballage en contact direct avec une pâtisserie grasse, chaude ou humide, l’entreprise doit se rapprocher de son fournisseur ou d’un spécialiste de la conformité des matériaux au contact des aliments.

La checklist pratique d’une pâtisserie

Le règlement ne se gère pas uniquement au moment d’un contrôle. Il doit être intégré aux achats et à l’organisation quotidienne. Une entreprise peut commencer par une revue simple de ses emballages.

  1. Faire l’inventaire. Lister les boîtes, papiers, films, sachets, pots, caissettes, couvercles et supports en contact direct ou indirect avec les produits.
  2. Décrire l’usage. Préciser le type de pâtisserie, la température, le caractère gras ou humide, la durée de contact et les conditions de transport.
  3. Vérifier les fournisseurs. Privilégier des références identifiables et demander les documents confirmant l’aptitude au contact alimentaire ainsi que la conformité aux exigences applicables depuis le 12 août 2026.
  4. Organiser la traçabilité. Conserver factures, fiches techniques, déclarations et échanges fournisseurs dans un dossier accessible.
  5. Maîtriser les changements. Ne pas substituer une boîte, un papier ou un film sans vérifier que le nouvel emballage convient réellement à l’usage prévu.
  6. Former l’équipe. Expliquer pourquoi certaines références sont réservées à certains produits et comment signaler une anomalie.
  7. Préparer les prochaines échéances. Suivre les règles futures sur l’étiquetage, la réduction des emballages et le réemploi sans les présenter comme déjà toutes applicables.

Réemploi et contenant du client : quelles sont les prochaines étapes ?

Le règlement prévoit une montée en puissance progressive du réemploi. D’après la synthèse officielle d’EUR-Lex, les établissements du secteur de l’hôtellerie-restauration qui proposent des aliments ou boissons à emporter devront, à partir de 2027, permettre aux consommateurs d’apporter leur propre récipient, sans frais supplémentaires. À partir de 2028, ils devront proposer une option dans un emballage réutilisable, également sans coût supplémentaire par rapport à l’option à usage unique. Des conditions et exemptions existent, notamment pour certaines microentreprises.

Une pâtisserie proposant des produits prêts à consommer ou une activité de salon de thé doit donc examiner si elle entre dans le champ de ces dispositions selon son activité réelle. Elle peut déjà travailler sur les questions qui dépasseront le simple choix du contenant : hygiène du remplissage, organisation du comptoir, compatibilité des formats, information du client et prévention des contaminations.

Il faut par ailleurs distinguer ce règlement européen de la filière française de responsabilité élargie du producteur pour les emballages professionnels. Le ministère de la Transition écologique a annoncé le 28 juillet 2026 que la mise en œuvre opérationnelle de cette filière, initialement prévue au 1er juillet 2026, est reportée au 1er janvier 2027. Les précisions attendues en septembre 2026 devront permettre d’identifier plus clairement les opérateurs concernés et les modalités d’adhésion.

Quelles compétences pour un apprenant en CAP Pâtissier ?

La gestion des emballages mobilise plusieurs compétences professionnelles : lire une fiche technique, appliquer une consigne, respecter l’hygiène, contrôler une livraison, stocker correctement le matériel et transmettre une information fiable. Elle prolonge naturellement les apprentissages relatifs aux matières premières, aux allergènes et à la traçabilité.

En formation comme en entreprise, un futur pâtissier doit apprendre à se poser les bonnes questions :

  • cet emballage est-il prévu pour un contact alimentaire ?
  • convient-il à un produit gras, humide, chaud ou surgelé ?
  • la référence reçue correspond-elle à celle qui a été validée ?
  • où trouver la fiche technique ou la preuve de conformité ?
  • qui prévenir si le fournisseur, le matériau ou l’usage change ?

Ces réflexes renforcent l’employabilité. Un professionnel fiable ne maîtrise pas seulement la fabrication : il sécurise le produit jusqu’à sa remise au client.

Se former aux réalités du métier avec ESSAP

Le CAP Pâtissier proposé par ESSAP prépare aux gestes, aux méthodes et aux exigences professionnelles des métiers de la pâtisserie. Les questions d’hygiène, de traçabilité et d’organisation s’inscrivent dans cette culture métier indispensable en laboratoire comme en boutique.

Pour approfondir un sujet complémentaire, consultez également l’article consacré aux allergènes en pâtisserie. Les parcours du secteur sont présentés sur la page formations aux métiers de bouche.

Questions fréquentes

Tous les emballages alimentaires contenant des PFAS sont-ils interdits ?

Le règlement interdit leur mise sur le marché lorsque les concentrations atteignent ou dépassent les seuils fixés. La conformité ne se déduit pas simplement d’une mention commerciale « sans PFAS » : elle doit pouvoir être étayée par les opérateurs responsables et leur documentation.

Une pâtisserie doit-elle faire analyser ses boîtes ?

Ce n’est généralement pas à l’utilisateur professionnel de faire tester chaque lot. Il doit surtout sélectionner des fournisseurs fiables, demander les justificatifs adaptés, respecter l’usage prévu et conserver une traçabilité documentaire.

Toutes les obligations de réemploi s’appliquent-elles depuis août 2026 ?

Non. Le règlement s’applique de manière générale depuis le 12 août 2026, mais plusieurs mesures ont des échéances ultérieures, notamment en 2027, 2028 ou 2030. Il faut vérifier chaque obligation séparément.

À retenir

Depuis le 12 août 2026, les emballages alimentaires sont entrés dans un nouveau cadre européen. Pour une pâtisserie, la priorité immédiate est de connaître ses références, d’interroger ses fournisseurs sur leur conformité, de conserver les documents et d’éviter toute substitution non maîtrisée. La limitation des PFAS, la traçabilité et la préparation du réemploi transforment ainsi un geste courant, emballer un produit, en véritable compétence professionnelle.

Sources officielles